Dans un contexte sécuritaire régional devenu particulièrement critique, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Norvège unissent leurs forces pour fortifier la résilience des communautés à la base. Du 13 au 17 juillet 2026, les mairies des communes de Kouandé, Péhunco, Toukountouna et Bassila ont abrité une série d'ateliers consacrés au renforcement de capacités des membres des mécanismes d'alerte précoce et à l'appui pour la mise en œuvre de leurs plans d'action. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du « Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le corridor atlantique ».
Autrefois considéré comme un havre de paix, le golfe de Guinée subit de plein fouet la propagation de l’extrémisme violent et de la criminalité transnationale en provenance des pays voisins (Mali, Niger, Burkina Faso, Nigeria). Les zones frontalières du septentrion béninois subissent les effets d'une faible présence de l’État, amplifiée par les changements climatiques et les tensions communautaires.
Depuis 2021, le nord du Bénin notamment les départements de l’Atacora, du Borgou et de l'Alibori ainsi que les parcs nationaux W et Pendjari s'est métamorphosé en une zone de fortes tensions, marquée par une hausse des attaques meurtrières et l'usage d'engins explosifs improvisés (EEI). Face à cette menace grandissante, le PNUD et la Norvège misent sur l'efficacité des mécanismes endogènes de règlement des conflits pour juguler les violences avant qu'elles ne s'enracinent.
L'objectif principal de cette série de formations est de doter les acteurs locaux des outils nécessaires pour prévenir, gérer et résoudre les différends tout en consolidant la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Il s'agit spécifiquement de renforcer les compétences techniques et fonctionnelles des Systèmes locaux d’alerte précoce (SLAP) et des Comités communaux de paix afin d'améliorer l'analyse des conflits, la médiation et la planification puis former les membres sur les mécanismes endogènes de règlement des conflits, les outils de suivi des alertes communautaires et les techniques de négociation. Aussi est-il question d'accompagner l'élaboration et l'exécution de plans d'action opérationnels sur le terrain pour pérenniser le maintien de la paix sans recours systématique à la force.
Organisés sous forme d'ateliers interactifs de deux jours par commune, ces travaux ont permis de toucher directement les leaders et acteurs des villages. L'animation a été assurée par des personnes ressources ainsi que des cadres du Ministère de l'Intérieur et de la Sécurité Publique, à travers le Secrétariat Permanent de la Commission Nationale de Lutte Contre la Radicalisation, l’Extrémisme Violent et le Terrorisme (SP/CNLCREVT).
L'accent a été mis sur une participation inclusive, réunissant femmes, hommes, représentants d'associations de jeunes, d'agriculteurs, d'éleveurs, de confessions religieuses, autorités locales et Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Des institutions clés telles que la Coalition Nationale pour la Paix et le Conseil National de la Jeunesse étaient également représentées. Toutes les parties ont été associées.
Au cours des sessions, plusieurs modules essentiels ont été développés dont l'analyse des mécanismes existants, la gestion des conflits, les outils d'alerte précoce, la cohésion sociale, ainsi que l'élaboration de feuilles de route claires pour la mise en œuvre des plans d'action communaux. Ces comités disposent désormais des levier nécessaires pour anticiper les crises et préserver la paix au sein des communautés vulnérables. Ceci, grâce au soutien continu du PNUD et de la Norvège
Et que pensent les acteurs ...
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| Modeste Chabi LAWSON, acteur de la société civile |
« Je suis très heureux d'avoir apporté ma contribution à cet atelier de renforcement des capacités des membres des mécanismes d'alerte précoce au niveau de nos communautés. En deux jours, les participants ont vu leurs capacités renforcées par rapport au type de conflits. Les causes de ces conflits ont été passées en revue, leurs impacts et les actions à mener ont été abordées. En conclusion, un plan d'action a été élaboré assorti d'un système de suivi et d'évaluation. Il a été retenu que les chefs d'arrondissement, chacun en ce qui le concerne au niveau de son territoire, doivent pouvoir renforcer le suivi de ces plans d'action dans leur opérationnalisation. C'est le lieu de saluer les efforts du gouvernement, des partenaires techniques et financiers et de toutes les personnes ressources qui contribuent à la consolidation de la co-production de la sécurité et la cohésion sociale pour un vivre ensemble et à la paix. »
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| BONGOU Naguiga Marcelline, Représentante des femmes de la commune de Toukountouna |
« Cet atelier au quel nous venons de prendre part va nous aider à avoir la paix dans notre commune. Cela nous permet de nous entendre, que ce soit du côté des producteurs, des éleveurs, des conducteurs, des policiers et d’autres acteurs. Cela nous aide à mieux vivre en harmonie, en paix dans la commune. Après avoir participé à cette formation, on est appelé à passer l'information à ceux qui ne sont pas arrivés puisque si c’est nous seuls qui sommes formés, ça ne suffit pas pour avoir la paix. Il faudra informer d'autres qui ne sont pas arrivés. Surtout moi, je suis là au nom des femmes. Je serai donc obligée de réunir toutes les femmes et de leur donner l'information. »
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| NAHINI Charles, Maire des jeunes de Toukountouna, sécretaire général du pôle messagers de la paix |
« Nous avons participé au renforcement des capacités des pôles de messager de paix sur les questions de paix, de cohésion sociale, de vivre ensemble. Qui dit la paix parle d'une question existentielle, d’une question qui touche notre vie, notre cohésion sociale et un grand homme l'a dit, « la paix n'est pas un vain mot, c’est un comportement ». On doit toujours le démontrer. On doit toujours montrer que nous sommes des acteurs de paix, que nous sommes des ambassadeurs de paix partout. C'est une formation qui est la bienvenue parce que ça nous permet d'aller répondre encore à d'autres questions auxquelles on n'arrivait pas à répondre au niveau de la couche juvénile, la couche la plus importante au niveau de la commune. Au nom de tous les jeunes de la commune nous allons propager l'information, nous allons toujours continuer à nous battre pour que les jeunes soient des acteurs de paix. »
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| SEKOU Y. Benjamin, participant venu de Kouarfa |
« Vraiment nous sommes très fiers. C'est un atelier qui permet à tout un chacun de nous de vivre dans la paix et de travailler dans la communauté parce qu'au cœur de nos communautés les conflits existent. Avec cet atelier, nous qui avons reçu la formation nous devons relayer les enseignements après notre retour aux autres qui n'ont pas pu y prendre part. Cela permet de renforcer la cohésion pour qu'il y ait la paix au niveau de nos communautés. Quand il n'y a pas la paix, il n'y a pas la cohésion sociale. Donc les comités d'alerte qui vont être installés dans le village doivent organiser des rencontres. C'est eux qui vont relayer l'information aux autres pour qu’on puisse atteindre le grand nombre. »
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| KOHOPON Bassofa, transformatrice dans l’arrondissement de Toukountouna |
« On est venu à cet atelier pour apprendre. Mais apprendre pas comme à l'école. On nous a fait comprendre que dans nos villages, il faut qu'il y ait la paix. Mais on voit qu’il y a des conflits entre les éleveurs et les agriculteurs. Il n’y a pas la paix. Dans les champs, il y a toujours les bagarres qui surviennent entre eux. Après tout ce qui nous a été dit lors de la formation, il faut que les éleveurs et les producteurs s'entendent. Mis à part cela, il y a d’autres conflits entre nos frères au village. Par exemple il y a des parents qui ne s'entendent pas avec leurs filles. Quand les filles se marient on ne les considère pas dans leur propre maison. Quand il y a des héritages, elles n’ont rien. On dit que c'est uniquement des hommes qui y ont droit. C’est frustrant tout cela. C'est des choses qui sont à la base des conflits. Il faut que ces questions d’héritage soient aussi réglées. C’est important pour la paix. Car on nous menace nous les femmes pour les héritages. Nous on n'a rien. C’est les hommes qui ont tout. »
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| AMANDOU Issa, le roi des peulhs (froudounga) de la commune de Péhunco, membre du comité de paix |
« Je suis content de l’atelier. Je trouve cela très important. C’est vrai que les sujets qu’on a abordés lors de la formation, on en parle dans des rencontres. Mais l’atelier est venu encore réveiller ce qu’on connaissait. C’est vraiment une bonne chose. Tous ceux qui ont participé à l’atelier, ont compris que pour qu’il y ait la paix, on doit faire attention à tout ce qu’on dit, tout ce qu’on fait qui pourrait créer des frustrations au niveau des uns et des autres. S’il y a l’information et qu’on se prépare d’avance par rapport à cela, on va trouver des solutions pour empêcher ceux qui ont de mauvaises intentions à venir créer des problèmes dans nos communautés. »







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