Face aux décès maternels liés aux avortements non sécurisés, Médecins du Monde Suisse au Bénin, avec le soutien de l’Ambassade du Canada, a lancé, vendredi 23 octobre 2026 à Cotonou, une plaquette pédagogique consacrée à l’avortement sécurisé. Cet outil entend améliorer la connaissance des dispositions légales, harmoniser les pratiques des professionnels de santé et renforcer la protection des droits des femmes et des filles.
Au Bénin, la lutte contre la mortalité maternelle passe aussi par une meilleure connaissance de la loi et un accès à une information fiable. C’est dans cette perspective que Médecins du Monde Suisse au Bénin a procédé, le vendredi 23 octobre 2026, au lancement d’une plaquette pédagogique sur l’avortement sécurisé, à son siège à Cotonou. Soutenue par l’Ambassade du Canada, cette initiative réunit professionnels de santé, acteurs de la société civile, représentants des médias et partenaires autour d’un objectif commun : contribuer à réduire les conséquences sanitaires des avortements à risque.
Lors de la cérémonie, la coordinatrice générale de Médecins du Monde Suisse au Bénin, Isabelle Floreani, a rappelé l’ampleur du problème. Selon les données présentées, au moins 200 femmes décèdent chaque année au Bénin des suites d’avortements à risque ou non sécurisés. Ces derniers constituent la troisième cause de mortalité maternelle dans le pays. Une situation préoccupante qui appelle, selon l’esprit de cette initiative, des réponses concrètes en matière de sensibilisation, d’information et d’accompagnement.
Mieux faire connaître la loi pour protéger les femmes
Au-delà de sa dimension informative, la plaquette vise à faciliter la compréhension et l’application des textes encadrant l’avortement sécurisé au Bénin. Elle revient notamment sur les dispositions de la loi n° 2021-12 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, ainsi que sur son décret d’application.
L’ambition est de mettre à la disposition des acteurs concernés un document accessible, susceptible de lever les incompréhensions autour du cadre légal. En clarifiant les procédures, cet outil entend contribuer à l’harmonisation des pratiques des professionnels de santé et à la lutte contre les idées reçues qui freinent l’application effective des textes.
La plaquette insiste également sur la nécessité d’un accompagnement fondé sur le respect de la dignité des personnes, la confidentialité et l’absence de discrimination. Autant de principes essentiels pour garantir aux femmes et aux filles une prise en charge adaptée, dans le respect de leurs droits et des dispositions légales en vigueur.
Prenant la parole au nom du gouvernement canadien, Cathy Tremblay, représentante de l’Ambassade du Canada, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Elle a notamment souligné l’importance de protéger les adolescentes et les jeunes en situation de vulnérabilité.
Cet engagement se traduit également à travers le projet Respect, soutenu par Affaires mondiales Canada, qui contribue au renforcement des capacités des acteurs et à l’amélioration de l’accès des jeunes à des services de santé adaptés à leurs besoins.
La cérémonie a également enregistré la participation de Serge Adanlao, représentant de l’Alliance des professionnels des médias pour la santé au Bénin (APMS-Bénin). Les échanges ont permis de mettre en évidence l’intérêt de cet outil pédagogique, salué pour sa clarté et la richesse de son contenu.
Les participants ont, par ailleurs, exprimé leur disponibilité à accompagner Médecins du Monde Suisse au Bénin dans la vulgarisation de la plaquette. La mobilisation des professionnels de santé, des organisations de la société civile et des médias apparaît ainsi comme un levier essentiel pour diffuser une information juste sur le cadre légal de l’avortement sécurisé.
À travers cette initiative, Médecins du Monde entend contribuer à faire reculer les pratiques dangereuses et leurs conséquences dramatiques. L’enjeu est désormais de faire de cette plaquette un véritable instrument de sensibilisation et d’information, afin que la méconnaissance de la loi ne constitue plus un obstacle à la protection de la santé et des droits des femmes et des filles au Bénin.



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